Film anti effraction sur un vitrage de bureaux : ce qu'il retient
Un film anti effraction est un film de sécurité transparent, collé sur la face intérieure d'un vitrage. Il ne rend pas le verre incassable : le verre casse, mais les morceaux restent collés au film, et le panneau tend à rester en place au lieu de s'ouvrir. Ce que l'on achète est donc du retard et des éclats retenus, pas une barrière.
Rédigé par le studio Vitrophanie Bureau (Paristic, groupe SORA). Mis à jour le . Lecture : 8 min.
Que fait réellement un film anti effraction sur un vitrage ?
Il tient le verre ensemble. Un film de sécurité est un polyester en plusieurs couches, bien plus épais qu'un film décoratif, collé sur toute la surface du vitrage. Quand le verre reçoit un choc, il se fissure comme d'habitude, mais les fragments restent solidaires du film : au lieu d'un trou, on obtient un panneau fendu qui reste en place.
Trois conséquences concrètes sur un plateau de bureaux. La tentative demande plus de coups, donc plus de temps et plus de bruit, ce qui est précisément ce qui fait renoncer ou ce qui laisse à l'alarme le temps de servir. Les éclats ne jonchent pas le sol côté intérieur, ce qui compte sur un vitrage d'accès ou près d'un poste de travail. Et le local reste fermé aux intempéries en attendant le remplacement du verre.
C'est aussi la raison pour laquelle ce film se pose en face intérieure : c'est de ce côté que le panneau doit être retenu, et c'est de ce côté qu'il reste protégé de la pluie et du lavage. Le raisonnement est le même que pour les films de confidentialité, détaillé dans pose intérieure ou extérieure.
Ce qu'un film de sécurité ne fait pas
C'est la partie que les fiches produit écrivent en petit, et c'est celle qui évite une mauvaise décision. Un film anti effraction retarde ; il ne protège pas un bâtiment à lui seul.
- Il n'empêche pas l'effraction. Avec assez de temps et d'outils, un vitrage filmé cède. Le film se juge comme un élément de retard dans un ensemble, avec la fermeture, l'alarme et l'éclairage, pas comme une protection isolée.
- Il ne transforme pas un vitrage en vitrage retardateur d'effraction. Les classements de résistance des vitrages portent sur des verres feuilletés essayés en laboratoire, pas sur un film ajouté après coup. Si une exigence de ce type figure dans votre bail, votre assurance ou votre cahier des charges, c'est le vitrage qu'il faut changer, pas le filmer.
- Il ne protège pas le cadre. Un vitrage maintenu par une parclose accessible depuis l'extérieur peut être déposé en entier sans casser le verre. Le film n'y change rien : la menuiserie se traite à part.
- Il ne traite pas le point faible voisin. Une porte vitrée filmée à côté d'une imposte nue, ou un rez-de-chaussée filmé avec un soupirail ouvert, déplace le problème sans le régler. Le relevé se fait sur toutes les ouvertures d'un même niveau.
- Il ne remplace pas la vigilance réglementaire. La réaction au feu du film et la signalisation des parois vitrées sont deux sujets distincts, traités dans réaction au feu d'une vitrophanie et dans bureaux, ERP ou les deux : quelles règles.
Quels vitrages traiter en premier sur un plateau ?
Rarement tous, et c'est ce qui rend l'arbitrage utile. Un film de sécurité se justifie là où un vitrage est à la fois atteignable depuis l'extérieur et intéressant à franchir. Le tableau part des relevés que nous faisons sur des plateaux tertiaires avant de chiffrer une pose.
| Vitrage | Pourquoi il arrive en tête | Ce qu'il faut vérifier avant |
|---|---|---|
| Vitrage d'accès et porte vitrée au rez-de-chaussée | C'est le point d'entrée évident, et les éclats tombent là où l'on passe | Le sens d'ouverture, la poignée, la présence d'une imposte ou d'un fixe à côté |
| Vitrage sur rue en rez-de-chaussée ou en entresol | Atteignable depuis le trottoir, souvent hors de vue le soir | L'accès au bord du verre, la profondeur de la feuillure, l'éclairage extérieur |
| Vitrage donnant sur cour, parking ou arrière | Peu éclairé, peu passant, donc peu risqué pour celui qui insiste | La présence d'un garde-corps ou d'un élément sur lequel monter |
| Vitrage proche d'un point sensible | Local informatique, réserve, salle de direction : la valeur est derrière le verre | Ce que l'on voit depuis l'extérieur ; un film de confidentialité peut compter autant |
| Allège vitrée et châssis bas | Hauteur de franchissement faible, et le verre y est souvent plus fin | L'épaisseur et le type du vitrage, à relever avant de choisir le film |
| Cloison vitrée intérieure | Rarement un enjeu d'effraction, parfois un enjeu de casse accidentelle | Le flux de passage ; la question devient celle de la vigilance, pas de la sécurité |
Peut-on poser un film anti effraction sur un double vitrage déjà en place ?
Oui dans la grande majorité des cas, sur la face intérieure du vitrage, celle qui regarde la pièce. C'est d'ailleurs la situation courante en bureaux : les vitrages sont posés, le bâtiment est occupé, et personne ne va remplacer du verre pour ajouter de la sécurité.
Deux vérifications tiennent avant la commande. La première est l'épaisseur et le type du vitrage, à relever réellement, car un verre feuilleté, un verre trempé et un simple vitrage ne se comportent pas pareil au choc et n'appellent pas le même film. La seconde est la garantie donnée par le fabricant du vitrage : un film posé sur un double vitrage modifie légèrement ses échanges thermiques, et certains fabricants encadrent ce point. Nous demandons la référence du vitrage et nous vérifions la compatibilité annoncée par le fabricant du film avant de proposer une pose.
Sur un vitrage exposé au soleil, la question se complique si le film choisi est teinté ou réfléchissant : il absorbe alors davantage de chaleur. Pour un besoin mixte, sécurité et confort d'été, il vaut mieux poser la question dans cet ordre et lire ce que fait un film solaire dans film anti chaleur et anti froid, plutôt que de cumuler deux films.
Et si un film décoratif est déjà posé sur le vitrage ?
On ne superpose pas deux films. Un film de sécurité doit adhérer au verre lui-même pour retenir le panneau ; collé sur un dépoli déjà en place, il tiendrait sur l'adhésif de l'autre film, c'est-à-dire sur le maillon faible.
L'ordre des couches est donc toujours le même : le verre, le film de sécurité, puis le décor par-dessus si le projet le demande. Concrètement, sur un plateau déjà habillé, cela veut dire déposer le film décoratif existant, poser la sécurité, puis refaire le décor. C'est une opération à chiffrer comme telle, et c'est la raison pour laquelle il vaut mieux poser la question de la sécurité au moment du premier habillage, avec le reste du cahier des charges.
Autre voie quand le décor est récent : traiter en sécurité les seuls vitrages qui le justifient, souvent ceux du rez-de-chaussée, et laisser les cloisons intérieures en décor seul. C'est presque toujours ce que donne le relevé, et cela évite de refaire un habillage complet.
Comment se passe la pose sur un site occupé ?
Comme pour tout film, à ceci près que la préparation du bord du verre compte davantage. Un film de sécurité se pose sur un verre nettoyé, et sa tenue dépend de la façon dont il atteint le pourtour du vitrage : sur un vitrage déjà posé, le bord du verre est pris dans la feuillure, et le film s'arrête au jour visible. Nous le signalons au relevé, parce que c'est le pourtour qui travaille le premier au choc.
Le reste relève de l'organisation habituelle d'une intervention en bureaux occupés : accès aux vitrages, dégagement du mobilier sur une largeur suffisante, pose par zones pour laisser les postes utilisables, et séchage pendant lequel quelques traces d'eau restent visibles. Les étapes et ce que nous demandons aux services généraux sont décrites dans poser une vitrophanie sur un site occupé.
Un point à ne pas oublier au devis : la dépose. Un film de sécurité est plus épais et plus tenace qu'un film décoratif, et son retrait prend plus de temps. Cela se prévoit quand le bail est court.
Comment nous l'avons vérifié
Le comportement décrit, verre fissuré mais panneau retenu, pose en face intérieure, arrêt du film au jour visible sur un vitrage déjà posé, vient des poses et des relevés de nos chantiers en bureaux, et de ce que nous constatons lors des déposes.
Nous n'écrivons ici aucune durée de résistance, aucune classe et aucun chiffre de performance : ces valeurs figurent dans les procès-verbaux d'essai du fabricant du film, qui portent sur un produit précis posé dans des conditions précises. Nous les transmettons sur demande, avec la fiche technique, et nous ne retenons un film pour un projet qu'avec ces documents. La vitrophanie de bureau et la sécurité du vitrage se décident ainsi dans le même relevé, vitrage par vitrage. Pour un commerce ou un logement, hors contexte tertiaire, Les Vitrophanes traite la même matière côté boutique avec sa page film anti effraction, dans le groupe SORA.
Questions fréquentes
Un film anti effraction empêche-t-il vraiment une effraction ?
Non, et aucun film ne le promet sérieusement. Il retient le verre brisé et retarde le passage, ce qui rend la tentative plus longue et plus bruyante. Il se juge comme un élément de retard, avec la fermeture, l'alarme et l'éclairage, pas comme une barrière.
Quelle différence entre un film anti effraction et un film de sécurité ?
C'est le même produit sous deux noms. On parle de film de sécurité pour la fonction générale, retenir les fragments de verre, et de film anti effraction quand l'objectif visé est de retarder une intrusion. Les épaisseurs vendues sous ces deux noms se recouvrent largement.
Peut-on poser un film anti effraction sur un double vitrage ?
Oui, sur la face intérieure, celle qui regarde la pièce. Deux vérifications tiennent avant la commande : le type et l'épaisseur réels du vitrage, et la compatibilité annoncée par le fabricant du film, notamment sur un vitrage exposé au soleil où un film teinté absorbe davantage de chaleur.
Un film de sécurité remplace-t-il un vitrage retardateur d'effraction ?
Non. Les classements de résistance des vitrages portent sur des verres feuilletés essayés en laboratoire, pas sur un film ajouté après coup. Si votre bail, votre assurance ou votre cahier des charges exige un vitrage classé, c'est le verre qu'il faut remplacer.
Peut-on le poser sur une vitrophanie décorative déjà en place ?
Non, les deux films ne se superposent pas : la sécurité doit adhérer au verre pour retenir le panneau. L'ordre est toujours le verre, le film de sécurité, puis le décor. Sur un plateau déjà habillé, il faut donc déposer le décor existant, poser la sécurité et refaire le décor.
Le film anti effraction est-il transparent ?
Les films de sécurité courants sont transparents et se remarquent peu une fois posés, de l'intérieur comme de l'extérieur. Des versions teintées ou réfléchissantes existent quand on cherche aussi de la confidentialité ou du confort solaire, mais elles changent l'aspect du vitrage et son comportement thermique.
Quels vitrages faut-il traiter en priorité dans des bureaux ?
Ceux qui sont à la fois atteignables depuis l'extérieur et intéressants à franchir : le vitrage d'accès, les châssis de rez-de-chaussée sur rue ou sur cour, les allèges basses et les vitrages proches d'un local sensible. Les cloisons vitrées intérieures relèvent plutôt de la casse accidentelle et de la vigilance.